Le body positive nous libère-t-il vraiment ?
Grâce au body positive, les caractéristiques du corps de la femme jugées comme défaut ont commencé à apparaître dans les défilés de mode, les publicités. Mieux, dans les campagnes de communication de vêtements pour diverses marques.

Mais en soi, le body positive nous libère-t-il vraiment ? La réponse est assez mitigée. La lecture de ce billet peut vous aider à y voir plus clairement.
Body positive : une orientation sociale à disposition de l’estime de soi
Le body positive a été mis en œuvre aux États-Unis à partir de 1996. C’est une orientation sociale à l’apanage de l’estime et de l’acceptation de soi, de son corps. Plus généralement, une acceptation de tous les types de corps humain.
Concrètement, il encourage l’affirmation, l’appréciation et l’opinion positive de soi en prenant appui sur le fait que la beauté féminine est une construction sociale qui dépend des cultures. Le body positive transgresse orgueilleusement tous les stéréotypes et normes présentées dans les médias.

Body positive : un mouvement qui ne libère pas toujours les femmes
En considérant de près la question du body positive, il est clair que les femmes apprécient ce mouvement social mis en avant par les stars. Voir sur les médias sociaux des campagnes de publicité des marques et de multiples posts mettant en scène des femmes aux diverses morphologies est en effet une preuve de valorisation.
Dans les faits, ces femmes sont plus en phase avec la réalité. Pour autant, ces stéréotypes vus dans les médias, même s’ils sont impérissables, il n’en demeure pas moins que des femmes ont toujours du mal à accepter leur corps.
À ce titre, Sophie, une enseignante mère de famille, s’exprime face à la question du body positive lors d’une entrevue avec le magazine Causette :
« Je trouve ça très bien d’un point de vue intellectuel et théorique de voir des silhouettes moins standardisées, car c’est en cohérence avec mes valeurs féministes. Par contre, ça n’a absolument aucun effet sur mes complexes. Je continue à trouver que les plis, c’est moche… »
Sophie malgré tous les posts qu’elle voit au quotidien n’est pas toujours en lien avec son corps. Elle entretient ainsi avec ce dernier une relation où s’entremêle la haine et l’amour. Cette relation à la limite obsessionnelle est d’une toxicité qui ne la met pas toujours en confiance … Et dont il est temps qu’elle se libère. En fait, avoir confiance en soi pour Sophie est un peu difficile en comparaison à la manière dont le body positive privilégie la confiance en soi.
Dans le même sens, Sophie, femme de cinquante ans pense que l’édification de l’image de soi est assez complexe. Elle pense que cette construction de soi ne se limite pas à ce qui est vu dans le miroir ni aux mensurations. Sophie analyse les imperfections de son corps en pensant à un coup de la fatalité. Elle a clamé ceci : « Le jugement insatisfait que je porte sur moi-même reste à moitié dézingué par les magazines féminins et par une sorte de culte de la minceur. Je passe à côté du truc, car les dégâts sont trop profonds. »

Body positive : une révolution qui a pourtant impacté des corps féminins
Le body positive est plus qu’un mouvement social, c’est une révolution qui a et qui continue d’influencer les codes de la mode, de la beauté et libère la femme. Que ce soit des kilogrammes en trop, des maladies diverses ou des seins trop petits, … Le body positive a su valoriser le plus grand défaut physique que peut avoir une femme. Il a en outre standardisé les corps féminins en créant une révolution sans précédent.
Depuis, beaucoup de femmes de divers horizons ont su profiter de cette révolution pour s’exprimer librement. Elles sont pour la plupart des influenceuses, des femmes d’affaires, des rédactrices de contenus, mais surtout des créatrices de mode. Ces dernières ont bouleversé presque tous les codes de la beauté.


